CraftGPT : comment recréer un modèle d’IA en redstone dans Minecraft

En tant que joueur, je vois souvent des machines redstone folles, mais là, on parle d’un cran au-dessus : CraftGPT est un mini modèle de langage construit directement dans Minecraft, sans command blocks ni datapacks. Oui, on peut littéralement tenir une conversation façon ChatGPT dans Minecraft, avec des circuits en poussière de redstone, répéteurs, comparateurs et torches. Le but n’est pas la vitesse, mais la démonstration : prouver que de simples portes logiques peuvent faire tourner une IA rudimentaire à l’intérieur des chunks.
Pourquoi ce projet impressionne les joueurs ?
CraftGPT suit une règle claire : tout se passe in-game. Pas d’appel externe, pas de script caché. C’est une vraie “usine” redstone, découpée en modules comme on ferait pour une grosse ferme à fer : bus de données, registres, unités de calcul, et une horloge (“clock”) qui cadence chaque tick. Visuellement, on obtient une méga-structure qui dépasse largement une base classique : des lignes de redstone bien alignées, des colonnes d’adders répétés, des chemins de signaux séparés pour éviter les interférences, et un routage pensé chunk par chunk pour que rien ne se désynchronise quand on s’éloigne.
Comment ça marche en termes Minecraft ?
Pour qu’un texte sorte, CraftGPT encode d’abord un token d’entrée (un mot ou un morceau de mot) via un tableau d’embeddings stocké en blocs. Chaque passage de couche applique des additions et multiplications via des réseaux de comparateurs et de torches, un peu comme empiler des portes AND/OR avec de l’inversion. Les répéteurs règlent les délais, les “clocks” avancent l’inférence étape par étape, et les bus transportent les valeurs en “8 bits” (quantification) pour tenir dans un câblage raisonnable.
Au bout de la chaîne, on obtient une distribution sur le vocabulaire, puis on sélectionne le token suivant, et on boucle. Dit autrement, c’est ChatGPT dans Minecraft, mais en version “redstone only”, avec des compromis de précision pour que tout reste jouable.
Détails concrets que tout joueur reconnaîtra
- Les répéteurs sont souvent calés sur 2 à 4 ticks pour maîtriser la propagation.
- Les comparateurs servent à additionner et comparer des niveaux de signal, parfaits pour simuler des additions pondérées.
- Les bus sont espacés pour éviter le cross-talk et les activations intempestives.
- On garde en mémoire l’état via des latches et des modules à torches (RS latch, T-flip-flop), comme pour un compteur de ferme à mobs.
- La distance d’affichage et le chargement des chunks sont gérés pour que toute la machine reste active sans chunk mort.
Ce que l’on peut vraiment faire avec CraftGPT
Restons honnêtes : CraftGPT ne remplace pas votre assistant favori. Le vocabulaire est réduit, la fenêtre de contexte courte, et la qualité de phrase reste basique. En revanche, c’est un incroyable support pédagogique. On voit physiquement comment un modèle de langage fonctionne : embeddings, normalisation, multiplications de matrices… tout devient tangible. Et même si la latence est énorme, cette lenteur raconte quelque chose d’essentiel : derrière la magie de l’IA moderne, il n’y a que des opérations simples répétées à grande échelle. C’est ChatGPT dans Minecraft, mais montré à nu, bloc par bloc.
Guide rapide pour s’en inspirer chez soi
Vous voulez tenter une mini-version à la maison ?
- Commencez par un additionneur binaire propre (8 bits) avec comparateurs et torches, testez-le sur un banc dédié.
- Ajoutez un registre d’entrée/sortie avec T-flip-flops pour mémoriser les valeurs entre deux ticks.
- Bâtissez un bus clair (entrées à gauche, sorties à droite), code couleur en laine pour vous repérer.
- Créez une clock stable, puis séquencez les étapes avec des lignes de contrôle (multiplexeurs simples).
- Encodez un petit vocabulaire : quelques symboles mappés à des niveaux de signal, histoire d’illustrer le passage “embedding → sortie”.
- Vérifiez vos chunks chargés et votre TPS : une machine trop large qui décharge un morceau casse le timing.
Avec cette approche, vous ne reproduirez pas toute CraftGPT, mais vous comprendrez son cœur : transformer des signaux redstone en opérations arithmétiques, puis en texte.
Conclusion
Au final, CraftGPT parle surtout aux joueurs qui aiment démonter la “boîte noire”. On y apprend que l’intelligence artificielle n’a rien de mystique : c’est juste de la logique bien câblée. En empilant des modules simples, on obtient une machine qui génère des mots, certes lentement, mais de façon entièrement visible. Et c’est précisément ce qui rend l’expérience mémorable pour la communauté : un rappel que nos PC rapides font, en substance, la même chose—seulement à une échelle inaccessible aux torches de redstone. Pour quiconque veut comprendre l’IA par la pratique, CraftGPT est une leçon grandeur nature… et une belle preuve que l’on peut vraiment faire ChatGPT dans Minecraft sans quitter son monde cubique.




